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Quelle place pour la robotique dans les PME ? Olivier Dario, Délégué général du Symop répond

Le Symop, la FIM et le CETIM organisent conjointement, le 30 novembre prochain, une conférence sur le thème « comment les PME françaises entrent dans l’industrie du futur grâce à la robotique ». Pourquoi organiser cet événement ?

Nous avons été, en 2013, avec d’autres acteurs et avec le ministère de l’Économie à l’origine d’un grand plan de soutien aux PME primo-accédantes à la robotisation, ROBOT Start PME. Ce plan est parti d’un double constat : les PME françaises sont nettement moins robotisées que leurs concurrentes européennes et le fait de franchir le cap de l’intégration d’un premier robot pouvait sembler, pour ces PME, inatteignable.
Or, nous avions la conviction, et c’est toujours le cas, que la robotisation est une chance pour notre industrie et qu’elle n’est pas réservée uniquement aux grandes entreprises. Il a donc fallu rassurer les PME sur le fait qu’elles pouvaient, elles aussi, intégrer un robot et aller au-delà de la pédagogie en les accompagnant concrètement : diagnostic, définition du projet, choix de l’intégrateur, suivi et financement à hauteur de 10 % de l’investissement de la première cellule robotique.

Et quel bilan tirez-vous ?

Il est encore un peu tôt pour tirer un bilan définitif, le programme ROBOT Start PME n’étant pas encore totalement clos. Mais ce que nous constatons c’est que RSPME bouscule les idées reçues. L’intégration d’un robot n’est pas, contrairement à ce que certains voudraient le faire croire, synonyme de destruction d’emplois. On constate dans quasiment toutes les entreprises une importante hausse de la productivité, une amélioration de leur rentabilité et une augmentation du chiffre d’affaires. Les PME ont majoritairement créé des emplois suite à l’intégration de leur première cellule robotique.
Il est également intéressant de constater que les PME qui ont fait le choix d’entrer dans le programme ne sont pas nécessairement des entreprises à la pointe de l’innovation et des nouvelles technologies. En revanche, elles sont expertes sur leur segment, implantées parfois depuis plusieurs décennies dans leurs territoires. Bref, la robotisation est à la portée de tous. C’est ce que nous souhaitons mettre en avant en donnant le 30 novembre prochain, la parole à quatre dirigeants d’entreprises qui ont fait l’expérience du programme.

Justement, il touche à sa fin, que prévoyez-vous ensuite ?

Nous considérons RSMPE comme un « programme étape » plus que comme un « programme achevé ». On le voit, les pouvoirs publics et les différentes agences de l’Etat font – j’ai envie de dire « enfin » – de l’industrie, une priorité. French Fab le label de la BPI souhaite valoriser l’industrie en la replaçant au cœur de son écosystème et lui redonner sa fierté.
Le Premier ministre a pour sa part, fait des annonces fortes en voulant faire de l’industrie un outil de reconquête économique. Il a également annoncé, la création d’un fond pour l’innovation crédité de 10 millions d’euros et institué une mission sur les aides à l’innovation. L’expérience RSPME doit être utile au gouvernement pour piloter ces mesures et ses travaux. Disant cela je pense naturellement à la fabrication additive qui fait l’objet d’un programme dédié, mais pas exclusivement. Ce qu’il faut retenir de cette expérience c’est que les PME sont au cœur de défis productifs de notre pays et qu’il faut les accompagner pour les aider à se projeter dans le monde d’après.

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