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Présidentielle 2017 : le Symop interroge les candidats sur leur vision de l’industrie et leurs propositions pour l’avenir.

Faire de l’industrie un enjeu de débat public et une chance pour notre pays : telle est l’ambition du Symop qui, dans le cadre de l’élection Présidentielle, s’est adressée aux 11 candidats.

Une occasion de leur rappeler combien l’industrie, loin des images d’Epinal et des idées reçues parfois entretenues involontairement, pouvait être un moteur pour le pays.Elle est le lieu des innovations technologiques et – si elle bénéficie d’un cadre fiscal et législatif adéquat – peut permettre la réalisation d’importants gains de productivité. Elle exerce, par ailleurs, un effet d’entraînement puissant sur l’ensemble des activités, en particulier par ses consommations intermédiaires : pour 1€ de production, l’industrie consomme 0,7€ de produits intermédiaires, contre 0,4€ pour les services.

Une occasion aussi de les alerter sur l’état préoccupant de l’outil productif français qui est à la fois plus âgé et moins développé que celui de nos concurrents européens.

Une occasion enfin, de les interroger sur les mesures concrètes qu’ils entendent prendre s’ils devaient être élus. Un exercice auquel se sont prêtés François Asselineau, François Fillon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron Jean-Luc Mélenchon et  Philippe Poutou.

Les différents candidats se sont montrés concernés par la question du soutien à l’investissement productif, notamment au travers de la réintroduction de la mesure du suramortissement.

Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon se déclarent favorables à cette mesure qu’ils jugent nécessaire pour relancer la compétitivité de notre industrie. François Fillon s’engage sur la réintroduction de la mesure et son maintien jusqu’en 2019. Emmanuel Macron et François Asselineau estiment que le dispositif de suramortissement présente un intérêt mais est insuffisant. Emmanuel Macron propose donc de baisser l’impôt sur les sociétés et François Asselineau d’augmenter le SMIC pour relancer la demande.Seul Philippe Poutou déclare ne pas voir l’intérêt du dispositif de suramortissement.

La formation

S’il est un point sur lequel l’ensemble des candidats s’accorde, c’est celui de la nécessité de repenser la formation aux nouveaux emplois industriels. François Asselineau propose d’initier une « éducation au numérique pour les jeunes et les moins jeunes par le biais de la formation continue. Benoît Hamon entend « nouer un dialogue permanent avec les différentes parties prenantes pour évaluer les compétences métier et co-construire les accompagnements à mettre en place ». Quant à François Fillon, il propose le développement de chaires spécialisées financées par les branches et les pôles de compétitivité. Emmanuel Macron réserve, pour sa part, 15 milliards d’euros sur les 50 milliards de son plan d’investissement quinquennal à « la formation et aux compétences futures ». Jean-Luc Mélenchon souhaite revaloriser les filières techniques de l’enseignement professionnel. Philippe Poutou veut renforcer l’accès à la formation professionnelle des salariés pendant leur temps de travail « quelle que soit la taille de l’entreprise ».

Les financements à l’innovation

Sur la question du financement de l’innovation, le point de consensus se situe sur la sanctuarisation du CIR. François Asselineau, Jean-Luc Melenchon et Benoît Hamon souhaitent néanmoins revoir ses conditions d’attribution pour le réorienter prioritairement vers les start-up et les PME.

La stimulation de la technologie française

Cette question rend particulièrement visible les différences idéologiques des candidats à l’élection. François Asselineau propose des mesures de protectionnisme ciblé, tandis qu’Emmanuel Macron souhaite organiser au niveau européen une stratégie en faveur des industries du numérique et de la transition écologique et la coupler à la création d’un Buy European Act. Jean-Luc Mélenchon envisage de renforcer les centres techniques comme le CETIM et de valoriser la formation professionnelle et technique, tandis que François Fillon estime nécessaire de privatiser les unités de valorisation des centres de recherche publics afin de les rendre plus autonomes dans leur gestion.

Le Symop et ses adhérents seront naturellement attentifs au respect de ces engagements.

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