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Soutenir l’investissement pour relancer la croissance

Des fermetures d’usines moins nombreuses, des créations en hausse[1]. Entre 2013 et 2014, l’industrie française a connu une légère embellie. Le contexte géoéconomique entraine en ce moment une stimulation non négligeable des économies nationales, notamment en Europe. Le Ministre des Finances, Monsieur Michel Sapin, a ainsi annoncé que l’objectif de 0,4%, de croissance avait été atteint.

Il s’agit d’un « frémissement » laissant entrevoir un avenir tout compte fait pas si nuageux. Mais les efforts ne peuvent s’arrêter là. Ainsi, vendredi 13 février, M. Sapin expliquait au journaliste Bruce Toussaint que « ce qui manque en France et en Europe, c’est l’investissement ».

Prix du pétrole, dépréciation de l’euro… Pour les industriels français, les voyants sont au vert. Cependant, les chefs d’entreprises n’anticipent pas encore de croissance forte. Or, la restauration de la croissance française passera en premier lieu par celle des conditions de l’investissement.

A travers les chiffres publiés ce vendredi par l’INSEE, que constate-t-on ? La France sauve les meubles, mais il manque encore l’essentiel. Sur l’ensemble de l’année 2014, l’investissement est en baisse de 1,6%. Après plusieurs années de sous investissement, nos équipements industriels sont dépassés. Nous savons pourtant, que la faiblesse de l’investissement industriel français, rend notre industrie toujours plus dépendante des produits de moyenne gamme. Ainsi, nos entreprises continuent de perdre des parts de marché à l’export.

Le ministre de l’Économie ayant annoncé vouloir remettre à plat les 34 plans pour une Nouvelle France Industrielle, les acteurs de l’Industrie semblent confiants quant au renforcement de l’Usine du futur, associée au plan robotique. Le soutien et l’implication du monde industriel dans ce travail seront donc d’une importance cruciale pour que les problèmes sectoriels soient bien pris en compte. Une opportunité, d’ailleurs, de fédérer les acteurs – industriels et organisations professionnelles – dans un même mouvement.

Une chose est claire, le gouvernement ne doit pas se reposer sur le recul du prix du pétrole et les actions de la BCE pour baisser l’euro. Le retard de la France face à ses voisins en matière de modernisation de la chaine de production n’a pas décru ; or, les premiers signes de relances se font ressentir en Allemagne, en Espagne, etc. Dans l’hexagone, la production manufacturière s’est stabilisée l’an passé, mais reste 16,5 % en dessous de son niveau de 2008. Notre pays doit combler ses lacunes pour ne pas se retrouver distancer lorsque l’Europe se sera définitivement extirpée de cette crise économique.

[1] Étude Trendeo du 18 février 2015

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